Étalement agricole

Étalement agricole

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La population mondiale devrait passer de 7,7 milliards aujourd’hui à 9,7 milliards en 2050. Une augmentation de 26%.

À l’heure actuelle, on utilise à peu près 50% de la superficie ”habitable” terrestre (des terres qui excluent les déserts, les glaciers, les places rocailleuses avec rien) pour l’agriculture. 

La part du lion est utilisé pour des pâturages et des champs qui servent à nourrir le bétail, soit l’équivalent de l’Amérique du Nord et du Sud (40 millions de km2).

En suivant une logique un peu simpliste,  on pourrait s’attendre à ce que la superficie agricole augmente elle aussi de 26% d’ici 2050* pour nourrir la population.

*Je prends pour acquis que la productivité agricole pour une même superficie reste la même au cours des prochaines décennies et que l’on garderait la même proportion de notre alimentation basée sur des aliments d’origine animale et végétale. Il est possible que l’on améliore notre productivité pour une même superficie, mais j’ai l’impression que cette amélioration sera annulée par l’effet des changements climatiques qui vont s’accentuer aux cours des prochaines décennies.

Si la superficie agricole augmentait de 26%, il faudrait ajouter 13,26 millions de km2 de pâturage et champs pour nourrir la population d’ici 2050, soit près de 13% de la superficie habitable (10.4 millions de km2 pour le bétail et 2.86 millions de kmpour les plantes que l’on mange directement).

Pour donner une idée de grandeur, la superficie de la forêt amazonienne est de 5.5 millions de km2

Simplement pour satisfaire notre demande pour des aliments d’origine animale, il faudrait augmenter la superficie agricole d’une superficie qui est presque le double de celle de la forêt amazonienne…

À mon avis, il ne faut donc pas se surprendre d’apprendre que la forêt amazonienne (et les forêts tropicales en Afrique et en Indonésie) sont en train de brûler pour faire place à des pâturage et des champs. En d’autres mots, ce n’est pas à cause que le président brésilien est un méchant que la forêt amazonienne brûle, mais majoritairement en raison d’une demande mondiale accrue pour de la superficie agricole.

Ce qui est vraiment étonnant, est que la majorité de nos protéines viennent des plantes et non des animaux, malgré l’espace occupé pour nourrir le bétail comme on peut le constater là où j’ai mis la grosse flèche rouge dans le graphique juste après ces mots:

En voyant ça, ça m’a donné envie de faire des calculs mathématiques pour savoir on aurait besoin de quelle superficie agricole aujourd’hui si la totalité des protéines étaient produites par des aliments d’origine végétales. J’ai aussi calculé ça donnerait quoi cette superficie en 2050, voilà ce que ça donne (on aurait un énorme surplus de calories, mais bon):

C’est un calcul très simpliste, mais ça montre quand même qu’à partir de ces données, si la totalité des protéines étaient produites par les plantes en 2019, on pourrait libérer l’équivalent de trois fois la superficie de l’Europe pour le redonner à la nature. 

En 2050, ce serait une superficie encore plus grande ”sauvée” soit quasiment la superficie de l’Asie au grand complet…

Cela étant dit, je crois qu’il y a quand même quelques parties du monde où la production d’aliments d’origine animales est légitime d’un point de vue environnemental (pour les animaux qui mange dans les pâturages): ce sont les endroits où on retrouve des prairies et des savanes ”naturelles”, c’est-à-dire, si on laisse la nature aller tout seul, on va retrouver des prairies et des savanes et non des forêts. 

Dans ces endroits, si on gère bien le bétail en évitant le surpâturage en provoquant des déplacements ponctuels des troupeaux, on peut favoriser la présence de prairies qui vont accumuler pas mal de carbone. Je donne aucune source pour affirmer une telle chose, mais je suis pas mal certain que ce que j’avance est exact. 

Bref, voici des spots où je pense que l’on pourrait continuer de produire des aliments d’origine animales dans un système où les animaux vont paître en permanence sur des prairies (et des savanes?) sans qu’ils restent pogné dans des minis enclos: 

Au Québec, nous vivons dans une partie du monde où les forêts pousseraient naturellement si on ne faisait rien. En d’autres mots, derrière presque chaque champ que vous voyez se cache une forêt qui cherche à pousser.

Bref, le point central de cet article est de dire qu’il serait souhaitable de réduire massivement la consommation mondiale  d’aliments d’origine animale pour redonner des dizaines de millions de km2  à la nature et qu’il faudrait limiter cette production aux parties du monde où on retrouve des prairies et savanes naturelles à condition que l’on gère bien les troupeaux.

Voici d’autres points (3):

(1) Voici un fait hallucinant:

Si on prend le poids total des mammifères, il serait composé à 30% d’êtres humains, à 66% de bétail et à 4% de mammifères sauvages.

(2) On continue avec  ici un autre graphique digne de mention qui montre la superficie requise pour produire une tonne de protéine. Le boeuf est clairement l’éléphant dans la pièce

La superficie occupée par nos villes, villages, routes et autres infrastructures occupe une partie insignifiante par rapport à la superficie occupée par l’agriculture. #ÉtalementAgricole.

(3) Pour terminer sur une note apocalyptique qui peut toutefois être aussi vu comme quelque chose de positif, j’ai appris qu’il y avait un ”seuil” où la forêt amazonienne ne pourrait plus produire suffisamment de pluie par elle-même grâce à ses forêts pour pouvoir supporter la présence d’un écosystème de forêt tropicale. En d’autres mots, si on coupe trop la forêt amazonienne, un moment donné il va pleuvoir moins et la forêt va se transformer en savane tout seul ce qui libérerait des milliards de tonnes de carbone dans l’air.

D’un point de vue plus positif, cela veut aussi dire que si on plante des milliards et des milliards d’arbres dans certaines parties du monde stratégique, on pourrait potentiellement favoriser la création de pluie qui serait formé par les arbres plantés ce qui favoriserait la création de forêts qui pousseraient naturellement. C’est ma théorie, mais je crois bien que c’est vrai ce que je pense!

Sur ces belles paroles, je te souhaite de passer une excellente journée!

À go on fait moins de bébés et on mange quasiment pu de viande!
(sauf la viande de chasse avec permis qui gère bien les populations genre chevreuils et la viande provenant d’une production située dans un biôme de prairies qui gère très bien le troupeau qui vit à l’année à l’extérieur, mais pas trop non plus, car on pourrait aussi laisser une partie de ce biôme à la nature non?).