Trois semaines et des poussières à la Pépinière aux arbres fruitiers

Trois semaines et des poussières à la Pépinière aux arbres fruitiers

J’avais le mois de novembre libre, alors je me suis dit qu’au lieu de me morfondre pendant le pire mois de l’année et de remettre en question mes choix de vie, j’allais pousser la machine encore plus loin et me mettre encore plus dans une situation où j’allais sortir de ma zone de confort, alors avec un ami on a fait les démarches pour pouvoir faire du Woofing (travailler comme volontaire – nourri – logé) à la Pépinière aux arbres fruitiers à Rawdon. 

Pour le contexte, la Pépinière aux arbres fruitiers est dirigé par une communauté de personnes pratiquant le bouddhisme où on doit s’engager à respecter cinq principes, les voici:

  • Pas d’alcool ni de drogue
  • Pas de sexualité
  • Pas de mensonge
  • Pas de vol
  • Ne pas tuer (incluant animaux et insectes)

Là-bas, j’y ai appris plusieurs choses que je ne souhaite pas oublier, alors je les écris ici en me disant que des serveurs informatiques quelque part dans le monde vont pouvoir garder cette information plus longtemps que mon cerveau bien que ça soit discutable, on verra bien qui aura la meilleure mémoire vive!

Ce qui me vient naturellement est de juste faire une liste, donc je vais faire une liste:

1. Le févier d’Amérique, attention!

De ce qu’on me dit, cet arbre est bien, car il est un fixateur d’azote. À sa manière il peut enrichir son spot en azote pour le bénéfice des autres plantes incluant d’autres arbres que l’on souhaite voir s’épanouir. On pourrait donc penser que c’est un arbre à intégrer entre, disons, des pommiers ou autres arbres fruitiers ou à noix pour leur donner une contribution indirecte en azote.

Par contre, comme me l’a montré Éric, le fondateur de la pépinière, le févier d’Amérique drageonne. Il fait des pousses qui sortent du sol qui peuvent aller à plusieurs pieds de distance entre le févier mère et son prolongement drageon ou rejet (comme dans rejeton d’ailleurs). Aussi, normalement, le févier d’Amérique est épineux et ses rejetons aussi alors, ça peut être pas si intéressant d’avoir des lances (une arme inférieure à l’épée, mais quand même utile parfois dans des combats médiévaux) couvertes d’épines qui sortent de n’importe où dans le verger potentiel que nous souhaitons créer. 

Par contre, je viens d’apprendre que les épines de féviers d’Amérique servaient de clous il y a longtemps. Toujours pratique d’avoir un approvisionnement en clous organiques dans un monde post-apocalyptique!

Au final, je pense qu’il nous faut pas exclure le févier d’Amérique de nos vies, mais c’est bon de garder à l’esprit qu’il produit des lances épineuses ce qui peut devenir un problème… épineux. Désolé pour ma joke de père.

 2. Une astuce pour avoir des pommes bio intactes

 C’est astucieux. Oui plastique, mais c’est en attendant que l’on trouve une autre alternative.

3. Une autre astuce digne de mention: L’identification durable des arbres

Pour garder une identification sur plusieurs années: Cannette de Pepsi ou de Mountain Dew par exemple et tu la découpes pour faire des rectangles. Ensuite on grave le nom de l’arbre sur l’aluminium. Pour l’attache? Ça aussi c’est astucieux: fil de téléphone. Ce qui est bien est que le fil métallique est protégé de la rouille par l’enveloppe de plastique. On est business pour plusieurs années.

4. Des poils de chien pour faire fuire les chevreuils

Le chien, c’est un loup après tout avec des oreilles un peu plus ronde peut-être.

Source d’approvisionnement: Vétérinaire ou animalerie pas fou pareil.

5. Faire un revêtement extérieur de maison (crépi): tout est possible.

Ça m’apprendra à ne pas prendre des notes, mais voici de mes souvenirs les proportions pour faire un mélange à crépi:

 – 2 seaux blancs normal comme on voit sur la photo de sable sec (choisir un sable fin, mais pas trop fin. Idéalement c’est mieux de s’approvisionner chez un fournisseur genre une quincaillerie pour les débutants comme moi).

– Un seau blanc normal de ciment à maçonnerie

– Un plus petit pot (noir) de ciment tout usage. Je crois que c’est un pot à plantes de deux gallons.

On mélange tout ça plusieurs fois pour que ça soit uniforme. Ensuite on ajoute de l’eau (j’ai pas les quantités, mais il me semble que c’est environ 1 seau blanc normal). 

Le processus de mélangeage et d’ajoutage d’eau (fait dans une ancien réservoir à mazout coupé en deux):

On peut observer un détails sur la bêche, les deux trous:

Ça sert à vérifier si le mélange à la bonne consistance: En gros, si tu pousses la bêche dans le mélange et que ça donne une crotte qui se tient quand même sans trop forcer, c’est le signal que tu es en business et que tu peux poser ton crépi.

Mais avant de mélanger le crépi, il faut avoir posé un grillage comme on voit sur la photo pour que ça tienne. Il faut essayer d’avoir un espace de un quart de pouce entre le mur et le grillage. On utilise des lattes pour créer cet espace comme on voit et on ajoute des vis avec le carré métallique un peu partout dès que l’espace est trop grand.

Un aparté avant de poursuivre: pour accroitre l’isolation de cette maison, on a ajouté une couche de ”coeur de porte” ou de panneaux isolants que l’on peut trouver pour des prix très modiques sur les internets (kijiji, marketplace). Ça semble être un matériel fantastique pour isoler n’importe quoi pour vraiment pas cher.

Avant:

Après:

Boom! On peut tout faire. Après il y a la finition qui consiste à donner une texture plus sableuse et uniforme, mais je n’ai pas vu comment Éric a fait alors voilà. Selon ce site on utilise une éponge.

6. Cuisiner pour une armée avec les éléments de base

Dans les différents tâches à accomplir, chacun devait à tour de rôle préparer les repas pour tout le monde. Je dois avouer que j’étais vraiment stressé au début et que je sacrais souvent dans ma tête parce que je ne trouvais pas ci ou pas ça. Mais comme une maman oiseau fait avec ses bébés oiseaux, j’ai comme été forcé de faire le saut et voler de mes propres ailes culinaires. Bien sûr je cuisinait avant, mais je n’avais jamais cuisiné pour plusieurs avec seulement les éléments de base (pommes de terre, farine pas tamisée, légumes entiers, etc.) 

Anecdote parmi tant d’autres: Je voulais faire une tourtière végé et j’ai pris de la farine de seigle plutôt que de la farine de blé sans le savoir. Ça ne tient pas pantoute cette farine là on dirait et j’ai pesté intérieurement. Après je me suis dit, je suis stressé parce que je ne veux pas cuisiner de la marde et que le monde me juge. Ça me rappelle les paroles sages de quelqu’un: ”enjoy the process”. J’ai appris à me calmer et à faire de mon mieux sans attachement au résultat (nourriture comestible, voire bonne). Dans le fond, c’était une occasion pour moi de devenir un genre de jedi zen boudhiste serein et j’ai plus ou moins réussi, mais au moins j’ai essayé. Comme le dit Michael Jordan grosso modo: le seul échec c’est celui de ne pas essayer!

Bref, voici un exemple de table prêt pour la trallé de personnes qui s’en viennent: (le potage dans la courge n’était pas très bon et le liquide coulait de la courge alors c’est devenu presqu’un potage solide. Mais c’est pas grave en?

7. Gâteau next-level pour ma fête comprenant un volcan

Pendant ce séjour j’étais en mode volcan. Par exemple, j’ai demandé à mon ami de faire des patates pilées et de la sauce brune pour pouvoir faire un volcan avec la nourriture. Aussi, nous devions défaire des sacs de feuilles d’arbres et on a fait une forme de volcan avec les feuilles (à voir dans le prochain point). Enfin, pour ma fête, j’ai émis le souhait que mon gâteau d’anniversaire contienne un volcan. 

Avec de la pâte d’amende et beaucoup de créativité Théo et Marco m’ont fait un gâteau d’anniversaire le plus next level de la planète, le voici:

On peut y observer un village se faire envahir par de la lave et une forêt et des plans d’eau qui sont épargnés. On peut aussi me voir en train de sortir du volcan. C’est drôle, c’est comme si le volcan visait les installations humaines parce qu’elles prennent trop de place sur la planète et qu’elles brisent l’équilibre naturel. Mais peut-être que tout ça n’est que le fruit de mon imagination…

On associe souvent les volcans à leurs pouvoirs de destruction, mais ils sont aussi de grands créateurs. Créateurs de 80% des superficies terrestres de notre planète si on se fie à notre bon vieux David Attenborough

Cela me fait penser à une autre force de la nature avec un potentiel de destruction et de création immenses: la civilisation humaine. La balle est dans notre camp.

8. Faire un volcan avec des feuilles

Voici une pratique fantastique qui devrait être imité partout au Québec par les pépinières et/ou fermes maraîchères:  recevoir gratuitement les feuilles récoltés par les résidents de villes sur leur terrain. 

Ça permet d’avoir accès à une quantité de matières organiques immense. Ces feuilles servent de paillis pour: 1) contrer les mauvaises herbes 2) garder l’humidité du sol 3) prévenir l’érosion et 4)  le plus important à mon avis: nourrir le sol. Le gros hic dans cette histoire est que plusieurs villes n’exigent pas que les sacs soient en matières compostables et donc il faut manuellement défaire les sacs. C’est complètement absurde de mettre de la matière organique dans des contenants qui vont prendre des siècles à se décomposer. Souhaitons que cette pratique disparaîtra et que l’on considérera cela aussi absurde que de fumer dans une classe d’école.

Un moment donné, ça devient un peu ennuyant de juste défaire les sacs alors on s’est donné comme objectif de faire un immense fort avec des murs qui a fini par ressembler à volcan parce que toute est dans toute.

9. Pour terminer, un vidéo

Pour terminer, je vous invite à écouter ce vidéo, on y montre à quel point l’emballage des arbres est robuste. Le volcan de feuilles, moi-même et Théo font partie de ce vidéo qui mérite d’être vue à mon humble avis. La vraie action commence à 1:20.

Lien vers le vidéo

On lâche pas, clanchons 2021.

Rock band pépinière